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Retour à la liste des actualités110 emplois dans les sacs griffés Delvaux
Publié le 09/02/2012
La plus ancienne maroquinerie au monde! C’est ça Delvaux. L’atelier Delvaux à Bruxelles, situé dans les anciens bâtiments militaires de l’Arsenal, façonne 15.000 sacs par an entièrement à la main.

Fondée à Bruxelles par Charles Delvaux en 1829, l’honorable maison est même plus vieille que la Belgique! Valises, sacs de voyage, puis sacs à main: ses créations saisonnières séduisent jusqu’au Japon.
Jusqu’aux années 2000, Delvaux bénéficiait d’une belle part de marché sur le territoire belge en matière de sacs et autres accessoires en cuir. Mais d’autres marques sont arrivées, moins chères et avec une image plus tendance. Delvaux a eu du mal à faire face à cette concurrence et a ralenti son recrutement. Mais, depuis presque deux ans, la maison renoue avec la rentabilité.
Dans ses locaux réagencés du site de l’Arsenal, des salles sont maintenant louées pour des réunions et réceptions. Elle a aussi investi dans la formation de ses vendeuses et a profité de la crise qui, paradoxalement, a encouragé le retour vers des valeurs plus sûres et durables, où le “ bling-bling ” a moins sa place.
Le savoir-faire des maroquiniers est la garantie de produits de qualité. “ Nos sacs durent une vie, voire plusieurs puisqu’ils sont transmis de génération en génération ” raconte Pascale Delcor, PR manager de Delvaux.
Delvaux cherche des artisans passionnés
Aujourd’hui, c’est un nouveau défi qui attend Delvaux: ses maîtres artisans approchent doucement de l’âge de la retraite. Or, la relève est loin d’être assurée! “ Il existe très peu de formations du genre dans le royaume. Mais surtout, les métiers de l’artisanat sont peu valorisés dans notre pays, contrairement à la France, par exemple.
Les quelques jeunes qui apprennent la maroquinerie le font plus par défaut que par envie. D’autant que la formation est longue: il faut au minimum cinq ans pour être au point ”, s’inquiète Karime Willame, responsable Ressources Humaines au sein de la Maison. Le but est donc de déclencher des passions.
En attendant, les artisans de l’atelier sont choyés. Ils travaillent avec des cuirs de première qualité, tous classés dans une immense bibliothèque. Chacun confectionne des sacs dans leur entièreté: pas question de travail à la chaîne.
Depuis plus de 10 ans, ils ont régulièrement droit à des formations pour apprendre à manipuler les nouvelles machines. Ils peuvent alors parfois rejoindre les deux autres ateliers Delvaux: soit en France, près de Lyon, soit au Vietnam. Ce sont d’ailleurs eux qui ont transmis leur art aux artisans vietnamiens.
“ On a choisi de fabriquer certaines collections au Vietnam, notamment parce que la main-d’œuvre y est moins chère. Cela permet de baisser le prix final des sacs et de toucher de cette façon un public plus large. Mais c’est aussi parce que là-bas, il y a cette culture de l’artisanat. Les Vietnamiens ont vraiment de l’or dans les mains! ”, explique Pascale Delcor. Delvaux emploie ainsi 230 personnes dans le monde, dont 110 en Belgique: 40 dans les bureaux, 40 dans les boutiques de la marque et 30 artisans...
Elles sont formées pour vendre du luxe
Les vendeuses qui officient dans les dix boutiques belges ont suivi une formation spéciale “ luxe ”: elles désignent par exemple les sacs par leur nom et ne disent pas prix mais valeur. “ On demande généralement qu’elles parlent français et néerlandais. Voire l’anglais dans les quartiers touristiques où l’on reçoit énormément de clients japonais ”.
Delvaux recrute parmi les autres artisans
Les maroquiniers de formation sont tellement rares en Belgique que, jusqu’à présent, Delvaux n’a pas hésité à se tourner vers d’autres personnes, issues du monde de l’artisanat. C’est ainsi que des cordonniers, des ébénistes ou encore des décorateurs d’intérieur ont intégré l’atelier et ont appris, au fil des ans, à devenir des maroquiniers à part entière.
L’essentiel de la vente se fait en Belgique
Delvaux ne possède aucune boutique propre à l’étranger. “ Chaque fois que l’on a essayé, on s’est rendu compte que l’on manquait d’expérience pour gérer ce genre de commerce ”. Du coup, près de 90 % des 15.000 sacs fabriqués chaque année sont écoulés en Belgique. À l’étranger, ce sont des magasins multimarques qui s’occupent de vendre les produits Delvaux.
Aline Guebels
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